Le CCFD-Terre Solidaire au Forum Social Mondial

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Forum Social Mondial de Tunis 2013

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mercredi, avril 3 2013

MAGHREB-ORIENT EXPRESS: Tunis : capitale altermondialiste Dimanche 31 mars 2013

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Visionnez l'émission sur la chaîne TV5 Monde sur le lien suivant:

http://www.tv5mondeplus.com/video/31-03-2013/maghreb-orient-express-445129

Camille LEPRINCE, chargée de mission au CCFD Terre Solidaire pour la région Maghreb-Machreq revient sur le FSM et sur les enjeux d'un tel évènement dans la situation actuelle tunisienne.

mardi, avril 2 2013

Les Tunisiens comme des funambules …

carte_postale_REVOLUTION.jpgTout est possible, c’est l’impression qui ressort de cette semaine au forum social mondial à Tunis… les Tunisiens rencontrés semblent être des funambules au-dessus de leur Révolution. Vers quoi l’avenir va pencher ?

Certains prônent de poursuivre la lutte pour défendre des droits économiques et sociaux, obtenir du travail dans des conditions décentes, la lutte contre la corruption des fonctionnaires du régime de Ben Ali dont certains sont toujours en poste, le droit et la liberté de s’exprimer…

D’autres prônent le rassemblement du peuple tunisien pour avancer, maintenant que la Révolution est terminée, car tout va bien, la Tunisie est en sécurité. Mais avancer ensemble vers quel modèle ? Difficile d’en tracer les contours…

Un petit groupe de salafistes aperçus furtivement défendent le droit des femmes à porter le nikab, pas d’échange possible en partie à cause de la langue mais surtout de nos convictions trop à l’opposé.

Des femmes s’inquiètent pour leurs droits. Elles disent qu’elles se battent pour préserver leurs acquis face aux programmes des partis comme Ennahda. Elles disent aussi qu’elles sont nombreuses et qu’elles ne se laisseront pas faire. L’assemblée des Femmes qui a ouvert le FSM et les nombreux ateliers animés par l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates montrent leur forte implication dans la société civile.

De nombreux jeunes étudiants sont venus au forum voir ce qui s’y passe et s’interroge : à quoi cela va servir ? Comment cela va permettre de changer les choses en Tunisie ?

Les chauffeurs de taxis s’improvisent VRP, vantant les beautés de leur pays pour faire revenir les Touristes en Tunisie…

Et les grands absents, la majorité de la population tunisienne, les exclus des campagnes aux villes, quelle voix au chapitre auront-ils après ce forum, ceux qui n’ont pas reçu cette bouffée d’air ?…

Oui, après ce FSM, on a l’impression que l’équilibre tient à un fil….

par Sidonie Delhomelle

« Seule la mort m’arrêtera de lutter »

Chico-300x225.jpgAu lendemain du FSM de Tunis, quel avenir pour ce rendez-vous alter-mondialiste?

Le Conseil International s'est réuni dimanche après-midi afin de définir la forme donnée au(x) futur(s) FSM. Aujourd'hui, nous n'en connaissons pas encore les contours. Mais, en attendant, découvrez l'interview de Chico WHITAKER, père fondateur du FSM :

http://nawaat.org/portail/2013/04/01/chico-whitaker-pere-fondateur-du-fsm-seule-la-mort-marretera-de-lutter/

Aurélie DIDIER-LAURENT

Toi aussi, propose ton logo pour le climat!

logoklima.jpgJe parie que vous connaissez tous:

- le logo pour la lutte contre le sida... le petit ruban rouge,

- celui des jeux olympiques... les 5 cercles de couleur,

et pourquoi pas un logo mondial pour l'urgence et la justice climatique?

C'est donc le défi que l'association BIZI s'est lancé: proposer à tous de créer son logo pour le climat! Un défi qui va au delà du FSM:

http://www.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2013/03/Logoklima-10-izenpetzaile.pdf

Un jury international élira le meilleur logo.

J'ai crée mon logo. A vous maintenant!

Aurélie DIDIER-LAURENT

samedi, mars 30 2013

Justice transitionnelle, kesako?

justice_transitionnelle.jpgEn Afrique, le processus de justice transitionnelle a commencé à la fin de l'Apartheid en Afrique du Sud, mais ce concept a vu le jour en Amérique latine suite aux différentes Révolutions qui ont mis fin aux dictatures (Chili, Argentine...)

L'idée étant de mettre en place une justice alternative car la justice traditionnelle était corrompue et la population ne lui faisait pas confiance.Le but étant que les populations qui ont connu une crise, dictature, ont été victimes de conflit se retrouvent et puissent obtenir la vérité.

Ce concept de justice transitionnelle repose sur 4 piliers;:

  1. Le droit à la vérité: pour que les victimes connaissent l'identité de leur bourreau, mettre fin aux zones d'ombre en faisant toute la vérité sur la période concernée.
  2. Le droit à la justice: si suite au processus de justice transitionnelle les victimes ne sont pas satisfaites des résultats obtenus elles peuvent recourir à la justice traditionnelle.
  3. Le droit à la réparation:les victimes reconnues doivent pouvoir être "indemnisées" dans la mesure du possible ce qui n'est pas toujours possible notamment en cas de meurtre.
  4. La garantie de non répétition: à la fin du processus, des recommandations sont émises par la commission pour éviter que de nouvelles crises puissent se reproduire (réformes des institutions par exemple).

Mais la mise en place de ce processus n'est pas toujours évidente notamment lorsque les institutions de l'ancien régime responsable des crises sont toujours en place (justice, armée, classe politique) . Pour que cela soit efficace, il faut également obtenir la confiance de la population et des victimes, pour qu'elles acceptent de témoigner. Il faut également une réelle volonté de la part des autorités et pas simplement un discours de façade pour faire bonne impression auprès des bailleurs internationaux.

De plus, suivant son mode de constitution et les prérogatives qui lui sont accordées, la commission dispose d'une marge de manœuvre et d'une capacité d'action plus ou moins réduite.

Etant déjà allée au Togo deux fois par le passé pour travailler avec une ONG locale, j'étais tout particulièrement intéressée par cet atelier.

Pour faire court le Togo a connu une période agitée en 2005 suite à la mort de son président Eyadema, vec des élections truquées qui ont porté son fils Faure au pouvoir. Durant cette période, de nombreuses exactions ont été commises à l'encontre de la population, et on estime que plus de 1000 personnes ont trouvé la mort, sans compter les personnes torturées...

Il faut aussi garder en tête, que durant tout le régime de Eyadema de nombreuses exactions ont été commises.

Suite à tous ces évènements, c'est en 2006 qu'une commission de réconciliation a été mise en place pour tenter de faire toute la lumière sur une période allant de 1958 à 2005 et permettre à la population de se ressouder.

Un rapport de 300 pages a vu le jour, et 68 recommandations ont été déposées mais à l'heure d'aujourd'hui peu de chose ont évolué.

Tout l’intérêt de cet atelier reposait sur les différents partages d'expériences et témoignages entre les participants qui ont abordé le cas du Maroc, du Québec ou encore de la Tunisie pour qui la question est plus que jamais d'actualité.

Il me semble évident que la réussite de ce processus en Tunisie est capitale pour l'avenir du pays.

Camille LEBOUVIER

jeudi, mars 28 2013

Et toi, pourquoi tu ne vas pas voter ?

C’est le jeu de 6 comédiens qui interprètent des citoyens tunisiens qui ont toutes les raisons du monde pour ne pas aller voter… Un jeune qui ne croit plus aux hommes politiques ; une femme au chômage ; un jeune qui préfère quitter la Tunisie et chercher un avenir meilleur en Italie ; une femme que son mari oblige à voter comme lui ; un jeune homme qui ne croit pas en la démocratie ;

Grâce à la technique du théâtre-forum, l’association CARAVANE THEÂTRE de Tunisie a poussé le public à convaincre les comédiens de revenir sur leur décision.

Un moment frais, ludique et pédagogique !

Par Aurélie DIDIER-LAURENTthéâtre forum

Vivre la Palestine : Apprendre et comprendre par le jeu

La plateforme des ONG françaises pour la Palestine a animé un atelier intitulé « Vivre la Palestine ». A à travers différents jeux de société, les participants sont confrontés aux difficultés rencontrées par les Palestiniens pour faire valoir leurs droits :  Le droit à la libre circulation rendue difficile voire impossible avec la présence des nombreux check points.  Le droit à exercer une activité. L’exemple est donné d’une famille habitant d’un côté du Mur et ayant ses oliviers de l’autre côté ; le nombre de  laissez-passer étant très limité, les jeunes risquent leur vie pour passer illégalement à travers les montagnes. De même pour les pêcheurs de Gaza qui ne peuvent pas sortir leurs bateaux au-delà d’une bande de 3 miles en mer sans risquer les assauts des frégates israéliennes.

Les mots qui ressortent après le jeu : impuissance, frustration, épuisement, arbitraire, rage…  permettent d’ouvrir les échanges sur la situation quotidienne des Palestiniens.

Sidonie Delhomelle

jeu palestine1jeu palestine2

Une marche d'ouverture sous le signe de la rencontre

IMGP9980_bis.jpgLa première journée du Forum Social Mondial a été marquée par la marche d'ouverture dans les rues de Tunis. Des milliers de militants venus du monde entier se sont retrouvés à 16h sur la place du 14 janvier 2011, rebaptisée après la révolution. 

Dans le cortège, les membres du CCFD Terre Solidaire ont pu débattre des questions de l'écologie, de finance mondiale mais aussi de la révolution dans les pays arabes avec les autres militants africains, européens, asiatiques et latino-américains.

À la fin de la marche, des militantes ont pris la parole sur la scène spécialement installée dans le stade Menzah. Algérie, Mali, Palestine, IMGP0052_bis.jpgTunisie... ...chaque pays était représenté. Basma Belaïd, veuve de Chokri Belaïd assasiné en février dernier, a exprimé sa révolte (retrouvez un extrait audio de son intervention en bas de ce billet) avant que la foule accueille Gilberto Gil, ancien ministre de la culture au Brésil pour 1h30 de concert.

Mélange des cultures et des expériences, cette marche a permi de rencontrer d'autres militants mais aussi de débattre sur les manières de changer la société. Le Forum Social Mondial est bel et bien lancé !

par Nelson CARDOSO

mercredi, mars 27 2013

Ça y est, c'est parti ! Les ateliers du CCFD Terre Solidaire commencent !

atelier citoyenneté 1"Mobilisation de la jeunesse et éducation à la citoyenneté. Réflexions et échanges entre acteurs de quatre continents". Première partie

C’est vrai, on commençait à être impatients de voir à quoi ressemble le campus et surtout le forum social ! Avec un retard très modeste, le temps que la cabine de traduction soit en place, l’atelier du CCFD Terre Solidaire a commencé avec un groupe qui s’est étoffé encore un peu après, jusqu’à une cinquantaine de participants dans l’ampli. Vrai pari que de discuter de concepts tels que démocratie, citoyenneté, identité, vivre ensemble ou mémoire collective en jonglant avec quatre langues – français, arabe, anglais et espagnol. L’auto-gestion a plutôt bien fonctionné dans les groupes formés autour de chacune des 5 idées. Un premier tour pour se dire laquelle nous pose le plus de défis. Puis un deuxième pour réfléchir à celle qui nous semble un idéal à poursuivre et la définition qu’on lui donne. Des échanges riches, des découvertes, des questions en suspens… la deuxième partie de l’atelier permettra d’y revenir sur des exemples concrets de pédagogies proposées par les partenaires du CCFD.

Quelques phrases marquantes de cette matinée :

« La citoyenneté est un processus de long terme, comment en faire un processus durable ? On parle ici de la jeunesse mais les jeunes vieillissent et sur le long terme, les aînés sont les jeunes d’hier. »

« Il est important d’exercer sa citoyenneté à différentes échelles, locale, nationale et peut-être mondiale. On a mis l’accent dans le groupe sur la place de l’éducation, sur les différents moyens qui s’offrent aux jeunes. Et on n’a pas beaucoup parlé jusque-là130327_atelier1bis.jpg des responsabilités qui viennent avec la citoyenneté. »

« Pour Nida, palestinienne qui vit en Israël, l’Etat d’Israël se dit démocratique alors qu’elle est exclue de cette démocratie. D’où un rapport particulier à ce mot, il faut combattre la définition qu’en donne Israël. »

« Des jeunes lycéens tunisiens ne perçoivent la démocratie qu’à travers la liberté d’expression qui est nouvelle. Mais en même temps, ils pensent que la démocratie amène trop de liberté, elle fait craindre l’anarchie. »

« les réflexions sur le vivre ensemble ont fait apparaître la question de l’individu par rapport à la collectivité. Il faut lutter contre les préjugés, l’ignorance pour ne plus avoir peur les uns des autres. C’est un mouvement perpétuel entre le je et le nous. »

« Pour vivre ensemble, il faut avoir un but commun : perpétuel va et vient entre individu et collectif. Apprendre à agir ensemble pour vivre ensemble. L’action unifie. »

Benoît RUSCH

mardi, mars 26 2013

Avant que le FSM ne commence… nous avons vibré au son de la lutte des femmes.

assemblée des femmesExtraits de l’assemblée des femmes vécue le mardi matin 26 mars sous le slogan  « Femmes en lutte »

« L’assemblée des femmes est un moment primordial pour nous, femmes, afin qu’on se retrouve toutes ensemble pour exprimer notre solidarité avec toutes les femmes en lutte et notre rejet du capitalisme sauvage et de tout modèle du développement qui nous chosifie, nous marginalise, nous violente, nous abandonne au chômage et à la précarité et nous exclut des lieux de décisions et des richesses.

Nous voulons que notre présence soit aussi grande que sont nos luttes contre les discriminations et aussi importante que notre combat pour qu’un autre monde soit possible.

Faisons de cet espace un moment de partage d’expérience, de solidarité, un moment pour nous ressourcer de notre créativité militante, de notre combativité et des différentes formes de résistance et de lutte : lutte contre les violences à l’égard des femmes dans l’espace privé et public, au moment de conflits et de paix ; lutte contre la féminisation de la pauvreté et de la précarité ; lutte pour l’accès à la terre et au logement ; lutte pour nos droits sexuels et reproductifs ;lutte pour préserver notre planète et notre santé.

Nous voulons que notre présence dans la Tunisie de la dignité soit la voix de la révolution et non celle d’une voix de liberté à étouffer.

Portons ensemble la voix des femmes contre le patriarcat dominant et contre toutes les formes de fondamentalisme et d’intégrisme voulant s’approprier et contrôler nos corps.

Votre présence est l’expression de votre solidarité avec nous femmes tunisiennes et avec toutes les femmes de la région arabe en luttes pour que le processus révolutionnaire en cours soit celui des droits et des libertés.

Soyons nombreuses, soyons solidaires…

Un autre monde est possible !"

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