"J’ai bien aimé..." Le mystère Spinoza, d’Irvin Yalom, Galande Editions, Paris 2012

L'auteur, psychanalyste, nous entraîne dans l'exploration des pensées et des comportements du grand philosophe Spinoza, en parallèle avec la vie tourmentée de Rosenberg, l'inspirateur des nazis.

Pourquoi ce rapprochement ? Parce que Rosenberg, grand admirateur de Goethe, héros de la pensée allemande, ne comprenait pas comment son "génie" pouvait admirer un juif en la personne de Spinoza, qu'il considérait comme le plus grand penseur des siècles derniers.

 

La liberté révolutionnaire de la pensée et de la théologie de Spinoza, s'entrechoque avec l’enfermement doctrinal du responsable nazi. Leurs tourments se croisent : l'un allant vers la liberté, y compris celle de remettre en cause l'idée de religion et de croyance en Dieu, ce qui est inadmissible en son époque tant pour sa communauté juive que pour les responsables des Eglises chrétiennes. L'autre s'enfermant de plus en plus à la fois dans son orgueil et dans le refus de tout Autre, non allemand pur, et marchant vers la mort par la pendaison après le procès de Nuremberg.

 

Une belle découverte de Spinoza. Un éclairage intéressant sur la dialectique nazie. Des questionnements qui rejoignent certains de nos "tourments" contemporains. Comment prendre les bons moyens pour penser par soi-même, en liberté et mettre cette capacité de réflexion et d'interpellation au service du Bien Commun ?