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Tous les matins nous prenons le chemin,

Tous les matins nous allons plus loin,

Jour après jour la route nous appelle,

C’est la voix de Compostelle !

Ultreïa ! Ultreïa !Et susseïa !

Deus adjuva nos !

 

Un jour, lors d’une réunion de l’équipe locale du CCFD-Terre Solidaire, il y en a eu un qui a dit : « ça vous dirait, de faire le pèlerinage de Compostelle ? Tous ensemble ? Moi j’en ai envie depuis longtemps… »

Silence… Puis l’enthousiasme, pour tous et chacun.

Pourquoi ? Nous ne nous sommes pas posé mutuellement la question. Certains savaient peut-être, d’autres pas. Il peut y avoir tant de réponses ! Nous nous entendions bien, mais ne nous connaissions pas tant que ça ; nous nous savions très différents les uns des autres, mais engagés dans le même souci de l’Autre.

Nous sommes partis en août 2011, du Puy-en-Velay. Pour 8 jours. Un départ très fort, très émouvant. Des dizaines d’autres pèlerins, venus du monde entier, l’Envoi par l’évêque du Puy, l’aube qui se lève, « à tout à l’heure, Marie-Paule ! Tu prends la voiture, seule… », le chemin, la marche, le paysage, les autres pèlerins, la troupe s’étire, on se tait, on se parle, on se salue « ton prénom ? tu viens d’où ? tu vas où ? », on s’éloigne, on s’arrête, une petite prière dans une chapelle, on repart, on se reconnaît, on s’encourage, « Ultreïa ! », on regarde, on admire, on marche, Marie-Paule roule, et prie et attend… 8 jours, c’est trop court !

Nous rallongerons la durée de nos étapes à 10 puis 15 jours, pour arriver cette année 2016 à Santiago et jusqu’au « bout du monde », Fisterra et Muxià.

Et nous y sommes arrivés ! Tous les six ! Avec des hauts, des bas, des accidents de parcours, des agacements et des moments d’enthousiasme, des barres de rire et des moments de spiritualité intenses… Nous avons découvert des pays, des gens dans ces pays et leurs sourires, des pèlerins qui marchaient, comme nous ou pas du tout comme nous, mais leurs sourires, et nous six, nous étonnant de toutes ces merveilles : « tu as vu ? tu as entendu ? ».

Nous avons découvert, nous sommes en train de découvrir…que nous l’avons fait. Mais c’est trop frais encore pour des conclusions, je cite une petite jeune fille canadienne, qui m’a dit, vers la fin du pèlerinage : « Quand je rentrerai, ils vont me dire : ‘Comment c’était, alors, le Chemin de Compostelle ?’ Je leur répondrai : ‘Ce n’est pas LE chemin dont je peux parler, mais MON chemin !’ Ils demanderont : ‘C’était comment, alors, ton Chemin ?’ Et moi, je ne saurai pas quoi dire... Je pense que je leur dirai : ‘ Je ne peux pas vous expliquer. Il faut que vous y alliez vous-mêmes…’ ».

A notre retour, nous avons été instantanément happés par notre quotidien. Nous y repensons souvent, nous cherchons les effets de notre Chemin. Au fond, que signifie le fait d’être arrivés ? « Lorsque vous serez revenus chez vous, dit le Père José-Maria Maroquin, dites-vous que vous êtes encore sur le chemin, et que vous y serez désormais toujours, car c’est un chemin qui ne connaît pas de fin. Sachez-le et ne l’oubliez jamais ».

Ainsi nous sommes devenus, les uns pour les autres, les « Compagnons du Chemin »,

Maurice, Marie-Paule, Patrice, Christine, Guy, Maurice, et Marie-Claire qui a fait deux années avec nous

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