logo_rcf_rivages.JPGChaque semaine,  Jean-Michel Lastennet tient une chronique de quelques minutes sur l'antenne RCF Rivages.Cette chronique est une forme de plaidoyer pour le développement et la solidarité avec les pays du Sud et de l'Est, c'est pourquoi, avec l'accord de RCF Rivages, nous la reproduisons ici. 

Des ONG appellent la France à cesser toutes relations économiques avec les colonies israéliennes

La Plateforme des O.N.G. françaises pour la Palestine et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, qui regroupent chacune d’entre elles des centaines d’associations et d’organismes, dont le C.C.F.D.-Terre Solidaire, appellent la France à cesser toutes relations économiques avec les Colonies israéliennes. Elles l’ont fait mardi dernier, 27 janvier lors d’une conférence de presse pour le lancement de la campagne intitulée « Made in illegality ». Les ONG rappellent que les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international et que toutes les relations économiques avec ces colonies doivent être proscrites. Je cite : « En commerçant avec les colonies israéliennes, la France joue un rôle certain dans le renforcement de la colonisation. Or la France s’est positionnée contre la colonisation. Ce double discours est incohérent et doit être corrigé au plus vite. »

L’argumentaire de cette campagne s’articule autour de cinq axes principaux. D’abord, les colonies israéliennes sont illégales : elles constituent une violation grave du droit international, notamment au regard de l’article 49 de la 4ème Convention de Genève de 1949, qui interdit de coloniser un territoire occupé, et aussi en raison de l’atteinte portée au droit à l’autodétermination du peuple palestinien. Ensuite cette colonisation est consolidée par l’incitation à l’installation d’industries, au développement d’une production agricole et à l’exploitation des ressources naturelles (par exemple, 80% des ressources en eau du territoire palestinien sont captés par les colonies, puisqu’un colon consomme 6 fois plus d’eau qu’un Palestinien). D’autre part, la colonisation est gravement préjudiciable à l’économie palestinienne : Les terres accaparées, l’eau et les autres ressources naturelles en grande partie confisquée, représentent un manque à gagner de 85% du PIB palestinien, et obligent les palestiniens à devenir les employés des colons qui les spolient.

En outre, la colonisation est encore renforcée par le commerce important qui s’effectue avec l’Union Européenne et la France : bon nombre de produits « made in Israël » sont bien sûr susceptible de parvenir des territoires occupés, sans qu’il soit possible d’en distinguer la provenance exacte en Europe. Pire, des entreprises européennes participent à la politique de colonisation, puisqu’elles opèrent en territoires occupés en fournissant des services et contribuant à réaliser des infrastructure. Par exemple la société Orange, dont l’Etat est actionnaire minoritaire, est impliquée dans des activités dans les colonies, à travers sa relation d’affaires avec Partner Communications, sur les hauteurs du Golan.

Face à ces constats, les organisations signataires de la campagne « Made in Illegality » présentent six exigences au gouvernement français et à l’Union Européenne. 1- interdire l’importation des produits des colonies israéliennes ; 2- exclure les colonies israéliennes des accords bilatéraux et de coopération avec Israël ; 3- dissuader les entreprises françaises d’investir et d’entretenir des relations commerciales avec les colonies israéliennes ; 4- exclure des marchés publics et des appels d’offres les entreprises implantées dans les colonies israéliennes ; 5- dissuader les citoyens français et européens d’acquérir des biens immobiliers dans les colonies israéliennes ; et 6- formuler des directives à l’attention des voyagistes afin d’éviter toute forme de soutien à des entreprises et à des sites touristiques dans les colonies.

Il s’agit, dans tout cela, bien sûr, de faire respecter le droit international humanitaire, de ne pas reconnaître comme licite une situation illégale, et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien d’une situation illégale et injuste, qui ne permet pas à une population de vivre décemment et dignement. On peut signer cette campagne sur le site de « Made in Illegality » !