TAFTA, TTIP, AECG, APE

TAFTA pour Transatlantic Free Trade Agreement, TTIP pour Transatlantic Trade and Investment Partnership, en bref, Partenariat Transatlantique de Libre-échange, AECG pour Accord Economique et Commercial Global, la même chose avec le Canada et enfin APE pour Accord de Partenariat Economique avec l'Afrique.

Juste quelques lettres qui reviennent dans l'actualité mais qui cachent bien des choses. Cachent est le bon mot puisque les négociations sont secrètes et mêmes nos représentants politiques n'ont pas accès au dossier ou dans des conditions qui ne respirent pas la transparence: une pièce surveillée, pas le droit de photographier ou d'enregistrer…bref, c'est trop sérieux pour qu'on vous en parle.

C'est là le dernier avatar du libéralisme censé réguler la mondialisation par le marché. Et comme l'OMC, Organisation Mondiale du Commerce, patine, notamment à cause de l'agriculture, on essaie de descendre un cran en dessous en négociant par continents.

Mais là encore, c'est l'agriculture qui nous fait prendre conscience des dangers. Tant qu'on traite de biens industriels, de services et de finance, c'est l'affaire des spécialistes et chacun ne se sent pas trop concerné même si on sent qu'en particulier au niveau des services publics, la marchandisation nous fait passer du statut d'usager à qui on doit un service à celui de client dont on doit tirer un bénéfice. Mais, où que ce soit dans le monde, quand on touche à l'agriculture, on touche à l'alimentation et par là-même, au-delà du marché que ça représente, à la santé et à la culture de chaque habitant de la planète.

Il y a donc des enjeux nationaux à savoir  que comme le disait Pompidou: "un pays doit d'abord avoir la capacité de se nourrir" mais aussi que comme ont pu le dire les africains envers les pays occidentaux: "l'alimentation est aussi une arme de destruction massive" en fonction de qui la contrôle.

Mais surtout, il y a un enjeu humain. Dans tout ces traités, l'homme est réduit au consommateur. Que deviennent ses dimensions familiale, culturelle, religieuse ? quand elles sont évoquée, c'est pour les marchandiser .

Heureusement, dans le peu qu'on devine de ces accords, le consommateur commence à comprendre qu'il est pris pour un pigeon et l'homme pose la question de savoir où il est pris en compte.

A quelque chose malheur est bon: à trop vouloir négocier en catimini, notre attention a été attirée et maintenant, sans parodier Jacques Chancel avec son "et Dieu dans tout ça ?,  la question est posée "et l'Homme dans tout ça ?". C'est déjà un bon pas de franchi. Un 1er pas pour remettre l'économie au service de l'homme et surtout pas l'homme au service de l'économie.

Ma grand-mère disait: "Après en tens, ne bé en antre" (après un temps en vient un autre). Peut-être qu'après celui du marché et de la croissance viendra celui de la solidarité et du développement, finalement le programme du CCFD Terre Solidaire.