Réfugié d’hier, réfugiés d’aujourd’hui

Un mail, une photo, l’envie de les partager avec vous.

« J’ai une pensée toute spéciale pour les réfugiés syriens, les premiers réfugiés syriens devraient arriver au Canada cette semaine. Je leur souhaite la bienvenue au Canada, je leur souhaite aussi bonne chance et bon courage pour leur nouvelle vie au Canada. »

Celui qui nous écrit de l’aéroport de Montréal la semaine dernière, c’est Tuan, réfugié du Laos en 1980, devenu canadien. Son message est plein d’émotion, car Tuan s’apprête à refaire à l’envers, en quelques heures, le long chemin parcouru en 1979-80 de Vientiane (Laos) à Montréal. Or, coïncidence, au même moment des hommes, des femmes, des enfants partis depuis des mois de Syrie arrivent au Canada où le nouveau gouvernement leur ouvre les portes.

Même histoire.

Tuan a choisi de passer par Nong Khai, ville thaïlandaise à la frontière du Laos où se trouvait le 1° camp de réfugiés où lui et sa sœur ont abouti. C’est là, érit-il, que 2 de leurs sœurs et un frère ont disparu « sans laisser de traces » quelque temps avant que Tuan et Mai soient poussés pour fuir leur pays à traverser le Mékong, comme d’autres la mer, au péril de leur vie.

Même risque mortel.

« Peu importe les raisons qui nous poussent à fuir notre pays, écrit Tuan, ce n’est pas facile de prendre une telle décision : quitter ceux qu’on aime et laisser tout derrière soi. »

Remarque tellement importante, même s’il la formule avec beaucoup de pudeur : on part toujours avec difficulté, pour une raison impérieuse, pour sauver sa vie ou celle des siens, jamais sans souffrance.

Même déracinement.

La seule photo de cette époque, retrouvée par Tuan récemment, prise à Nong Khai pour rassurer la famille à l’étranger, montre un frêle garçon de 12 ans et sa sœur une toute jeune fille de 14 ans, sains et saufs, mais si sérieux, c’est des mois avant leur arrivée dans la famille québécoise qui les accueillera en 1980 et sera, comme le dit Tuan « notre nouvelle famille » et l’est encore aujourd’hui, 35 ans plus tard.

Tuan écrit : « Ils nous ont tout de suite acceptés et aimés. Je souhaite de tout cœur que les nouveaux réfugiés aient les mêmes chances que nous. »

Je venais de lire ce message d’empathie et d’espérance quand j’ai lu dans La Croix la mobilisation d’anciens  boat-people vietnamiens devenus canadiens pour l’accueil des réfugiés syriens.

Même belle histoire, jusqu’au bout, espérons-le !