REFUGIES CLIMATIQUES

La fois dernière, je parlais de l'arrivée en Europe des flux de réfugiés ou de migrants, victimes de la guerre ou de la famine, obligés de fuir le pays où ils sont nés et où ils aimeraient pouvoir vivre décemment et en paix.

A ces réfugiés politiques ou économiques, au train où vont les choses, il faudra bientôt rajouter une 3 ème catégorie: les réfugiés climatiques.

Le réchauffement climatique qui commence à se faire sentir provoque l'avancée du désert, rendant les terres stériles dans le Sahel ou même le sud de l'Espagne, envoyant les paysans qui ne peuvent plus vivre de leurs terres grossir le flot des migrants.

Mais le pire reste à venir avec la fonte des glaciers. Il suffit quand on va à Chamonix de pousser jusqu'à la mer de glace pour voir comment elle a diminué et comment le phénomène va en s'accélérant en comparant les marques datées. Nous voyons régulièrement à la télévision des blocs de banquise qui se détachent dans l'Antartique et là encore des cartes nous alertent sur le rétrécissement de cette banquise. Nous déplorons tout ça mais la plupart du temps nous le rangeons au milieu des mauvaises nouvelles dont l'actualité nous abreuve.

Mais pour les habitants d'un certain nombre d'iles du Pacifique, pour la plus grande partie des habitants du Bengla-Desh, qui ne pourront élever de digues assez hautes, cette fonte des glaces, c'est une montée des eaux qui engloutirait leur terre et les obligerait à fuir. Ils deviendraient ainsi ce qu'on commence à appeler des réfugiés climatiques.

Nous voyons la difficulté des Etats en face du problème des réfugiés politiques et économiques, alors qu'en serait-il si on rajoutait des réfugiés climatiques ? Début décembre, va débuter à Paris la COP21, c'est-à dire la 21ème Conférence des Parties, réunissant les Pays membres des Nations Unies. C'est une étape importante car depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992, on a beaucoup étudié, beaucoup parlé mais peu agi, chaque pays ayant une bonne raison de penser que c'est aux autres de le faire. Aujourd'hui, il n'y a guère le choix car la réalité du réchauffement climatique est là et des terres vont disparaitre obligeant les habitants à devenir des réfugiés climatiques.

Souhaitons donc beaucoup de sagesses aux chefs d'Etat et pleine réussite à la COP21. De toute façon, il est trop tard pour être pessimiste.