Le pape François : un pape qui dérange, un pape qui bouscule !

L’élection de ce pape, jésuite de formation, cardinal de Buenos Aires, a été providentielle dans un monde incertain, en proie aux guerres et aux dérèglements économiques de la mondialisation.

Ce qui frappe d’abord chez cet homme, c’est la volonté de vivre simplement, en conformité avec l’idéal évangélique, sa volonté également de réformer le gouvernement de l’Église ; on retiendra, pour l’aspect anecdotique, l’énoncé des 15 maladies dont souffre la Curie (discours du 22 décembre 2014).

Outre son souci de simplicité, l’un des traits dominants du pontife, c’est son amour des pauvres, des humbles, des oubliés, ce qui l’amène, en évoquant les problèmes écologiques, le réchauffement climatique, à dénoncer les excès d’un capitalisme trop libéral, prédateur, indifférent à la misère humaine. Ce capitalisme couplé à la finance internationale dérégulée met en péril l’écosystème planétaire et menace gravement les sociétés agraires traditionnelles des pays du Sud.

Dans l’encyclique « Laudato si » (Loué sois-tu) de mai 2015 et dans un discours du 9 juillet 2015 à Santa Cruz, en Bolivie, François dénonce avec force une économie qui « tue » et qui « exclut ».

Le CCFD se retrouve dans sa lutte pour une économie solidaire, quand le pape fustige un système économique fondé sur le profit égoïste et met en avant la « maison commune » et le « bien commun ».

Les richesses de la planète : l’eau, l’énergie sont le bien de tous, ce qui suppose une gestion collective équitable. Il ne peut y avoir de développement durable, de transition énergétique réussie, sans justice sociale.

Défenseur des pauvres, pour lesquels il demande l’accès au « minimum absolu » : un toit, un travail, une terre, François prend également la défense des migrants. Bousculant les réticences d’un grand nombre, le pape invite toutes les communautés chrétiennes, catholiques d’Europe à accueillir les réfugiés.

Souhaitons que cet homme, proche d’un Gandhi, d’un Martin Luther King ou d’un Nelson Mandela, puisse encore longtemps, être le « pape des pauvres », des déshérités, des migrants, et, comme il le demande régulièrement, n’oublions pas de prier pour lui !