Où est passé l’humain ?

Quel que soit le regard que l’on porte, bien des pratiques de certaines multinationales nous interrogent. Certaines heurtent notre conscience. Si ce visage sombre de la mondialisation ne doit pas en occulter les bienfaits, il exige de nous, chrétiens, que l’on s’y arrête.

Avril 2013, au Bangladesh, effondrement du Rana Plaza, tuant 1 147 personnes. Dans les décombres, les étiquettes de marques familières et parfois françaises… Un an plus tard, ce sont les crevettes importées de Thaïlande par nos supermarchés qui font la « une » : une partie de la main-d’œuvre de la filière y est réduite en esclavage.
À Madagascar, en 2009, le président a voulu céder à une entreprise sud coréenne 1,3 million d’hectares de terres agricoles (cinq fois la superficie du Luxembourg). Mais, partout dans le monde, l’accaparement des terres par des États, des entreprises étrangères et des fonds spéculatifs continue.
En Colombie comme en Indonésie, des communautés sont délogées de leur territoire de vie pour faire place aux palmiers à huile. Et autres activités : exportation de déchets toxiques à Abidjan, tolérance de certaines banques pour l’argent du crime organisé, achat de minerais à des groupes armés de l’Est du Congo pour fabriquer nos téléphones portables...

Où est passé l’humain et le respect de la Création ? Le droit est-il seulement respecté ? A-t-on consulté les populations qui vivent sur le territoire ? L’Etat  les protège-t-il, y compris les minorités ? Est-il en capacité de faire face à des opérateurs mondiaux ? Ces derniers ont-ils identifié les risques de violations des droits afin de les prévenir ou d’y remédier ?

En l’absence de règles adaptées, qui est responsable ?

En juin 2014, l’observateur permanent du St Siège a déclaré devant le conseil des droits de l’Homme des Nations unies : «  Acteurs majeurs au sein d’un monde globalisé, les entreprises transnationales sont responsables du respect et de la promotion des Droits de l’Homme dans leur propre domaine d’activités ».
Alors que les principes directeurs des Nations Unies peuvent améliorer l’intégration de la priorité de la personne humaine et de l’environnement dans l’activité économique internationale, seul un instrument juridiquement contraignant serait plus efficace pour promouvoir cet objectif.

Les chrétiens se mobilisent au nom de leur foi, comment agir ?

Face à la complexité et l’ampleur des phénomènes, les citoyens se sentent souvent résignés et démunis. Pourtant en plus du vote, il est possible d’agir à plusieurs niveaux.
Je peux soutenir des propositions portées par des associations telles que le reporting pays par pays pour lutter contre l’évasion fiscale ou la responsabilité des sociétés  mères et donneuses d’ordres vis à vis de leurs filiales ou de leurs sous-traitants.

Il nous faut construire l’Espérance au cœur même de l’économie mondiale.

Bonne prise de conscience et de mobilisation !