COOPERER AUTREMENT

Il y a quelques jours, CERAPCOOP, Le Centre de Ressources et d’Appui pour la Coopération Internationale en Auvergne, qui fédère les associations de solidarité internationale, organisait une réunion sur le Mali. Il y avait là les associations, dont le CCFD Terre Solidaire, qui œuvrent au Mali principalement dans les secteurs de l’agriculture, de la santé ou de l’éducation.

Le Mali est un pays qui a des coopérations privilégiées avec l’Auvergne. Malheureusement, il a fait souvent la une des journaux télévisés avec les violences perpétrées envers les populations par Daesch ou l’Etat Islamique.

Le premier tour de table a donc été plutôt morose quand chacun a rapporté qu’il n’avait pu se rendre sur son projet depuis les évènements et qu’il était très difficile d’accueillir un partenaire. Or les échanges humains sont l’essence de nos projets.

En revenant ensuite sur ces projets, chacun a pu dire qu’ils se poursuivaient en utilisant davantage les moyens de communication comme internet, skype ou le téléphone. Il est plus difficile d’acheminer du matériel, pas toujours facile de reconstruire ce qui a été démoli mais ça continue.

Finalement les projets continuent au service des populations mais différemment. Comme nous ne pouvons être  présents, les partenaires sur place ont pris davantage les choses en main, se sont davantage responsabilisés et ont gagné en autonomie. C’était une des finalités souhaitées du projet mais les circonstances en ont fait une condition obligatoire de la poursuite.

C’est là un message important qu’il faut diffuser. Pour nous qui avons besoin de savoir que notre mobilisation n’est pas vaine malgré les difficultés mais surtout pour nos partenaires maliens qui ont besoin de se savoir toujours soutenus, d’autant qu’au-delà des difficultés matérielles s’ajoutent les risques encourus pour eux et leurs familles.

Finalement, malgré la violence et la haine que prônent les terroristes, les relations humaines peuvent trouver des voies différentes pour exprimer des valeurs de paix et de solidarité au service du développement. Mais il faut espérer que la situation s’arrange au plus vite pour que les échanges puissent reprendre ici et là-bas. En attendant, continuons à nous mobiliser pour que les projets du CCFD-Terre Solidaire et des autres associations réussissent et que les populations n'aient pas à envisager d'émigrer au péril de leur vie.