Eh ! oui, Boko Haram continue !

« Ils nous ont emmenées à l’extérieur et ils ont brûlé toute l’école… » murmure une rescapée.

Ils vivaient des vies normales, faites de commerce ou d’élevage. Ils étaient musulmans ou chrétiens et habitaient dans des villages où les deux populations se mélangeaient. Les voici maintenant Nigérians et depuis peu Camerounais du nord, réfugiés dans des camps au Cameroun voisin. A Minawao, ils étaient 13000 réfugiés en octobre, ils sont 28000 actuellement (40 % de musulmans) fuyant devant les exactions de Boko Haram.

  • Boko Haram ? cette secte islamiste armée, dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché » - tout un programme - sévit au Nigéria depuis 2002 et surtout depuis 5 ans. Les médias l’ont un peu oubliée ; cependant rien n’a changé : enlèvements d’enfants, de femmes, villages pillés, rasés, églises brûlées, hommes et femmes tués. 18 décembre, 32 morts, une centaine d’enfants et de femmes enlevés. Début janvier, massacre de Baga, le 25 Monguno, au sud de Baga, tombe aux mains de la secte islamiste, actuellement les combats font rage autour de la ville de Maiduguri, au nord-est du Nigéria. Cette ville d’un million d’habitants abrite aussi un million de réfugiés !
  • Boko Haram ? c’est l’enlèvement en avril 2014 de 219 lycéennes, pour la plupart chrétiennes ; on en a beaucoup parlé, on craint qu’elles soient réduites en esclavage, mariées, converties à l’islam, le monde entier s’est mobilisé, mais nul n’a pu les retrouver et les ramener à leur famille ! Depuis, bien d’autres jeunes filles ont été enlevées et soumises aux mêmes lois : esclavage, viol, menace de mort pour les forcer à se convertir. Les combattants islamistes utiliseraient même leurs prisonnières en première ligne !
  •  Boko Haram se proclame Califat islamique ; affirme ses liens avec l’État islamique, Al-Qaida et les Talibans afghans.
  • Boko Haram fait régner la terreur au point que les élections présidentielles et parlementaires prévues le 14 février sont reportées de 3 semaines.

Que faire contre Boko Haram ?

Cela semble bouger du côté du secrétaire général de l’ONU qui affirme ces jours-ci que Boko Haram représente un danger pour la paix et la sécurité nationale (du Nigéria), sécurité régionale et internationale.

Mais, selon les observateurs, rien ne changera sans un engagement militaire, sans une coopération régionale des états de l’Union africaine, particulièrement : Nigeria, Tchad, Cameroun, sans une aide internationale et sans un développement économique de cette région du Nigéria dont la pauvreté a fait le terreau de Boko Haram.