Quels enseignements tirer du 7 janvier ?

Des événements récents qui ont secoué la France puis certains pays dans le monde depuis le 7 janvier, que va-t-on en tirer comme enseignement pour chacun d’entre nous ?

Je vous propose un lien avec des extraits de la pièce de théâtre Pierre et Mohammed, tirée des écrits de Pierre Claverie, évêque d’Oran assassiné avec son chauffeur Mohammed Bouchikhi, le 1er août 1996. Quelques phrases pourraient bien constituer des éléments de réponse car le message n’a rien perdu de son actualité.

1ère réponse : le Prochain.

Pierre étant chrétien, avait entendu des discours sur l ‘Amour et il dit : « Jamais je n’avais entendu dire que l’Arabe était mon prochain. Peut-être l’avait-on dit, je ne l’avais pas entendu ». Et maintenant cette phrase pourra-t-elle être entendue ? Ce n’est pas un long discours sur l ‘amour du prochain ! Et pourtant essentiel !

2ème réponse : l'Autre.

 Nous devons être des passeurs de parole et donner les bonnes clés de l’Autre.

La force de l’espoir dans un monde divisé est de commencer par partager l’existence des personnes et ainsi on peut redécouvrir le monde.

Il nous faut sortir de la bulle qui fait ignorer l’Autre. Quand l’autre fait partie de notre paysage, sans être nié mais ignorer : il est amené à l’explosion de violence pour affirmer son existence. C’est une aventure personnelle de découvrir et d’entendre l’autre ; de vivre avec lui, de se laisser façonner par l’autre.

Il ne s’agit pas d’abandonner ses convictions mais de concevoir une humanité plurielle et non exclusive.

Pour chacun il faut que l’autre existe sinon on trouve l’exclusion, la violence, le rejet.

3ème réponse : les Croyants.

Les croyants doivent être les premiers à entrer en dialogue pas pour convaincre mais pour écouter et comprendre. Avant le temps du dialogue doit commencer le temps de l’amitié. Le temps de l’amitié permet la parole qui écoute qui reconnaît l’autre qui ne nie pas l’autre en voulant le convaincre.

C’est cette amitié qui conduit Pierre à dire : « rien que pour un homme seul, ça vaut la peine de rester dans ce pays même au risque de sa vie ».

Le dialogue est une œuvre sans cesse à reprendre : lui seul nous permet de désarmer le fanatisme, en nous et chez l’autre.

Le mystère de Pâques nous oblige à regarder en face la réalité de la mort du Christ et notre existence sous le signe du passage de la vie à la mort. Aimer quelqu’un, le préférer à sa propre vie.

Et je termine par cette phrase de Mohamed : Au nom de Dieu le miséricordieux …celui qui fait miséricorde !