« Partager la solidarité joyeuse des petites réussites »

 

-      La joie de l’Evangile – « Evangelii Gaudium » : une Bonne Nouvelle à partager, celle annoncée par Jésus-Christ dans les Béatitudes (pas une incitation à la bêtise béate !), et notre Pape François, venu d’un pays qui sait ce que lutter pour la vie et contre la mort veut dire, l’Argentine ! Notre défi est de persister dans le témoignage joyeux de la charité (en grec : « xairos » c’est « le bonheur ») au milieu des batailles et des souffrances de nos frères et sœurs.

 

-       Un de nos amis du CCFD – Terre Solidaire nous invitait, au cours d’une réunion diocésaine, à prendre une posture positive, davantage centrée sur ce qui se construit de bien et de bon, plutôt que sur ce qui se détruit en mal et en dur. Difficile peut-être; pourtant, c’est aussi ce qui nous aidera à basculer vers l’avenir et rajeunir nos équipes, en basculant de la culpabilisation attristée vers l’attirance joyeuse. La campagne nationale sur les « petites réussites » a su traduire cela : l’attention et l’appui aux modestes constructions locales et quotidiennes, comme le disait si bien Victor HUGO : « La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles / Est une œuvre de choix qui veut beaucoup d’amour ! »

 

-        La petite fille Espérance, de Charles PEGUY óle Principe Responsabilité de Hans JONAS : 2 balises pour notre itinéraire humain, pour rester dans un équilibre dynamique entre les luttes que nous devons mener (y compris à l’intérieur de nous-mêmes) contre la facilité, l’égoïsme ou la bêtise ; et les élans que nous pouvons garder vers le meilleur et le futur. Nous vivons une période de crise (en grec, c’est une « évaluation »), c’est-à-dire un moment où nos vieux tissus usagés menacent de se déchirer : cultivons-nous encore assez l’espérance pour enfiler de nouveaux habits ? C’est ainsi que nous pourrons inviter dans la joie de nouveaux jeunes militants, et leur laisser prendre place avec leurs énergies et modalités propres.

 

-       Passer de  « l’écologie punitive » (mot d’une responsable politique) à la solidarité joyeuse, plutôt que pénitentielle ! Même si les temps de solidarité chrétienne sont centrés sur la période du Carême, nous n’avons pas l’obligation d’afficher nos « mines d’enterrement » de certaines messes du dimanche. Les partenaires du Sud que nous recevons chaque année  ne nous racontent pas seulement des choses faciles ni réjouissantes de leurs vies, mais ils savent nous amener à partager l’enthousiasme (pas naïf!) de la Bonne Nouvelle. Notre participation à la Semaine de la Solidarité Internationale en novembre est un temps important pour cet éveil des sociétés civiles autour de nous.

En cette rentrée chargée des lourds nuages de la morosité et de l’inquiétude, je nous souhaite de « partager la solidarité joyeuse des petites réussites ».

Bonne journée à chacun de vous qui nous écoutez !