A l’occasion des élections européennes du 25 mai, le CCFD-Terre solidaire, à travers les membres de son réseau de bénévoles interpelle les candidats français pour leur demander de s’engager, s’ils sont élus, à porter nos propositions pour un monde plus juste.
Nous entendons souvent que les décideurs politiques seraient désarmés face aux enjeux de la mondialisation économique qui impose ses propres règles et sa logique de concurrence à outrance. Ainsi, le pouvoir politique ne serait plus que l’accompagnateur des réformes nécessaires pour rendre les pays plus compétitifs et attractifs pour les investisseurs. Mais dans cette course effrénée, il ne peut y avoir de vainqueur si les droits humains, les droits économiques, sociaux et culturels, la protection de l’environnement sont les victimes collatérales de la course à la croissance.
Nous pensons en revanche que les élus ont plus que jamais un rôle fondamental à jouer pour faire avancer et promouvoir un développement plus juste, notamment en proposant et en fixant les règles.
Forts de nos convictions nous soumettons aux candidats de nos régions respectives, 10 propositions et engagements de leur part, pour ce pacte pour une Europe exemplaire et respectueuse des droits humains, sur les thèmes suivants :

-Lutter contre l’opacité financière et l’évasion fiscale des multinationales.
–Rendre les multinationales européennes responsables de leurs impacts sociaux et environnementaux dans les pays du Sud.
–Exiger l’exemplarité de l’union européenne dans ses investissements portés au nom de la sécurité alimentaire.
–Rompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits.
–Construire une gouvernance alternative des migrations, respectueuses des droits des migrants.

Si les candidats rencontrés approuvent nos propositions nous leur demandons de signer notre déclaration d’engagements.
En conclusion, permettez-moi de vous lire de larges extraits de l’entretien que le Cardinal Reinhard MARX, Archevêque de Munich, et Président de la commission des épiscopats de la communauté européenne a accordé au quotidien La Croix :

Notre bien commun est inséparablement lié à celui de l’Europe.

Le bien commun dans la doctrine sociale de l’Église, a deux aspects : des institutions qui garantissent que tout le monde, tous les groupes, peut trouver le chemin pour son épanouissement ; et puis un contenu, les droits de l’homme, la dignité humaine, la famille. Il faut bien comprendre que notre bien commun est inséparablement lié à celui de l’Europe.
Pour un chrétien, il est nécessaire et important de participer à la vie du monde, de ne pas rester replier sur soi. Le Pape a dit qu’il souhaite une Église qui évangélise. Or une part de l’évangélisation, c’est de participer à la vie de la société. Et une de nos contributions, c’est de participer aux élections.
Le christianisme peut encore inspirer l’union européenne, l’Évangile est une invitation fascinante pour chacun et la société.
Le problème de l’Europe, et c’est aussi sa chance, c’est de créer une communauté qui n’est pas encore clairement visible.
Un des grands défis de notre siècle sera d’organiser la mondialisation. Et qui peut influencer le nouvel ordre, avec les valeurs d’humanité, de liberté, de dignité de l’homme, de solidarité avec les pauvres, si ce n’est l’Europe ?
On ne peut accepter un système où le capital est au centre de la société. Ce sont les hommes qui doivent être au centre.
Changer le regard sur l’immigration n’est pas facile. Mais l’Église a la responsabilité d’en parler. Accepter l’autre comme image de Dieu. Un homme, une femme, quelle que soit sa race ou sa religion est image de Dieu. C’est le fondement de notre éthique.4
L’Europe a été créée par des immigrés. Charlemagne a bâti son Empire après les invasions barbares ! L’Europe a toujours été un continent ouvert. C’est ce que dit Jean-Paul II dans Ecclesia in europa : l’Europe, c’est l’ouverture.

Merci pour votre écoute, en espérant vous avoir convaincu d’aller voter le 25 mai.