Mort & Résurrection : « La sève des printemps jaillit des feuilles mortes » !

Nous approchons de la fête de Toussaint le 1° novembre, et de la prière avec nos morts le 2 novembre. Comme chrétiens, nous avons parfois tendance à oublier que la résurrection de Jésus, le Christ, nous a ouvert « les portes de la mort vers l’éternité : à nous les encore vivants ici dans un présent à construire ensemble pour plus de justice et de fraternité ; comme à ceux qui sont morts à nos yeux, mais ont basculé dans le temps long, et nous accompagnent de leur fraternité permanente.

Évitons de confondre les 2 fêtes, qui pourraient aujourd’hui apparaitre seulement comme une opportunité supplémentaire de jours fériés, ou de césure scolaire d’un long premier trimestre:

•   La première journée est la fête de « Tous les Saints », comme la baie du même nom dans le Nouveau Monde, ainsi dénommée parce qu’elle fut atteinte plutôt que découverte ce jour-là, « Bahia de Todos dos Santos » : la sainteté serait-elle un label réservé à des super-héros? Il semble qu’elle nous soit plutôt proposée comme un appel à un style de vie de service, et sans que cela soit d’ailleurs réservé aux seuls chrétiens.

•   La seconde journée cultive le souvenir des morts : la nostalgie n’est pas interdite ; la prière partagée non plus. Elle se superpose à des fêtes plus anciennes, dont Halloween a institué la résurgence : de la peur des fantômes à l’exploitation marketing, n’est-ce pas simplement le retour à un cycle de superstitions?

Dans un monde où le rationnel voudrait laisser croire que la dimension spirituelle est à ranger dans l’irrationnel, ceci nous engage auprès de nos contemporains pour témoigner de plusieurs manières: dans le respect de leurs convictions ; et donc aussi le respect des ouvertures qu’apportent les nôtres, et celles d’autres traditions et dimensions spirituelles :

•   Auprès de nos proches, et de ceux qu’un deuil récent a touchés : pour témoigner de l’affection et du soutien entre vivants, comme de la communauté mystérieuse que nous formons avec les disparus.

•   Auprès de nos morts, pour une mémoire active : hommage à leurs engagements passés qui ont su nourrir les nôtres ; prière partagée depuis leur nouvelle condition, envers laquelle nous restons aveugles pour l’instant.

•   Auprès de tous les vivants, pour œuvrer ensemble à rendre le monde plus humain : les actualités nous en donnent suffisamment d’illustrations ; et les ralités, suffisamment de terrains d’engagements pour nous inviter à rester des serviteurs éveillés dans le temps présent.

Mort & Résurrection : un cycle enraciné dans le présent et ouvert sur l’éternité : « La sève des printemps jaillit des feuilles mortes ! » disait François FABIE.

Bonne journée à chacun de vous qui nous écoutez !