Bonjour,

On prête à Einstein la citation suivante :

«si les abeilles venaient à disparaître, l'humanité n'aurait plus que quatre années devant elle »

Le 29 avril dernier, la Commission Européenne vient de décider un moratoire pour interdire pendant 2 ans les pesticides néonicotinoïdes utilisés dans les enrobages de semences.

Ces insecticides sont réputés comme nocifs et dangereux pour les abeilles. Un rapport de l’INRA de mai 2002  et un rapport de l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en janvier 2003 avaient alerté contre les dangers de ces produits pour les abeilles.

10 ans après ces rapports, il a fallu la mobilisation de plusieurs ONG, dont Avaaz, et plus de 2,6 millions de signataires pour convaincre un à un les pays de l’Union Européenne de prendre une décision courageuse.

En France, en janvier 2011, 1 million de personnes signent l’appel d’Avaaz pour que la France maintienne son interdiction des pesticides néonicotinoïdes.

En janvier 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) estime que trois pesticides (de la famille des néonicotinoïdes) posent des risques inacceptables pour les abeilles. Avaaz saisit cette occasion pour amener les responsables politiques européens à écouter les experts. Une pétition rassemble rapidement 2 millions de signatures.

En février et mars 2013, l’Allemagne et la Grande Bretagne annoncent qu’ils s’opposeront à l’interdiction de ces produits. Les membres d’Avaaz envoient alors plus d’un demi-million de mails aux ministres de l’agriculture européens.

L'Espagne se rallie alors  aux pays qui veulent interdire ces néonicotinoïdes. Et, finalement, sous la pression de l’opinion, en avril, la Bulgarie, puis l’Allemagne finissent par se positionner contre ces pesticides. C’est ainsi que la majorité des pays ont pu alors voter un moratoire interdisant pendant 2 ans ces pesticides. Le rôle des ONG a été déterminant. C’est bien l’opinion publique, en signant des pétitions, et en faisant des animations pour faire connaître son opinion, qui a permis la prise en compte de la survie des abeilles.

Cette bataille pose plusieurs questions :

  • Premièrement, pourquoi les dirigeants des entreprises, d’eux-mêmes, ne décident-ils pas de remplacer ces produits, à partir du moment où leur nocivité est avérée ?
  • Ensuite, pourquoi nos représentants politiques, élus au parlement européen, ou nommés à la commission européenne ne sont pas en mesure de prendre une décision au vu des rapports des experts ?
  • Troisièmement, pourquoi nos représentants européens changent d’avis suite à la pression de l’opinion publique ? Peut-on imaginer que, sans la mobilisation citoyenne, cette destruction des abeilles aurait pu continuer encore longtemps ?

Ceci donne tout son sens aux mobilisations citoyennes, quand elles sont là pour dénoncer ce qui est aujourd’hui trop mal pris en compte.

Tout se passe comme si notre monde était dirigé par des décideurs qui ne tiennent compte que du compte d’exploitation de l’entreprise, mais jamais de son bilan. Comme si, dans une entreprise, on pouvait vendre les machines, les bâtiments, les terrains, pour payer les actionnaires, les fournisseurs ou les salariés. En fait tout se passe comme si notre terre avait des ressources infinies, et qu’on puisse encore ignorer le prélèvement qu’on fait sur notre capital.

Finalement, la prise en compte de ce qui n’est pas dans les comptes des entreprises est bien de la responsabilité des citoyens, c’est-à-dire nous-mêmes, qui devons rester éveillés et, sans relâche, dire encore et encore ce que nous voulons préserver.
Ce qui vient de se passer pour les abeilles rend crédible l’expression des citoyens.
Oui, nous pouvons être entendus…