Les profits des négociants de matières premières dépassent ceux des banques.

Les chiffres donnent le tournis. Les vingt plus gros négociants de matières premières du monde ont empoché plus que  les géants du secteur automobile et bancaire au cours de la dernière décennie.

Les négociants, pierre angulaire des échanges mondiaux de matières premières, font traditionnellement le lien entre producteurs et consommateurs. Pourtant leurs noms ne sont pas encore connus du grand public. 

Les chiffres d’affaires font encore davantage vaciller : les revenus des dix plus gros négociants en 2012 sont l’équivalent du PIB de la Corée du Sud. Ces données compilées par le Financial Times dessinent un paysage impressionnant et jusqu’ici méconnu puisque rares sont les négociants cotés en Bourse et contraints à un minimum de transparence financière – des entreprises peu ou pas régulées, comme la plupart des grandes multinationales opérant dans des pays en développement.
Le quotidien de la City s’interroge sur la taille de ces intermédiaires dont les besoins en liquidité surpassent désormais la capacité de prêt des banques. Ainsi, quand le pétrolier russe Rosneft décide d’acquérir son concurrent TNK-BP pour créer le premier pétrolier mondial coté et se met en quête de 42 milliards d’euros, il demande à deux négociants, Vitol et Glencore , de l’aider à financer l’opération.

Cette étude montre que la période de croissance, commencée en 2000 quand les profits affichaient 1,6 milliard d’euros reflète de plus en plus l’expansion des pays émergents, Chine en tête. Et même en cas de consommation déclinante ou simplement stagnante, les négociants peuvent toujours stocker en attendant que les cours remontent.
L’optimisation fiscale est forcenée : selon le FT, les négociants s’en sortent avec un taux d’imposition compris entre 5 et 15 % grâce à des implantations choisies sous les auspices cléments que sont la Suisse, Chypre, Les Pays- Bas ou Singapour. A titre de comparaison, l’industrie minière et pétrolière s’acquitte d’un taux de 30 à 45%, et les banques paient environ 20% d’impôt.

Il y auraient des signaux négatifs :

  • Les bénéfices commencent à stagner, et la rentabilité est en baisse…
Des banquiers annoncent que ces institutions mettent en danger l’écosystème financier des matières premières.

Le très prudent Conseil fédéral Suisse reconnaît des risques pour la réputation de certaines entreprises et de la Suisse elle-même : l’importance croissante du secteur lance d’autres défis sérieux, notamment en rapport avec les droits de l’homme et la situation environnementale dans les pays exportateurs, la lutte contre la corruption et le phénomène dit « la malédiction des matières premières dans les pays en développement ».

Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement doit encore plaider  pour une Terre Solidaire !