« Il n’y a pas de petites réussites »

Le CCFD-Terre solidaire dit que notre œil ne sait plus déceler ce qui défie la crise, ce qui défie le monde : des projets innovants portés par des hommes et des femmes de condition très humble ; des réussites économiques sur lesquelles aucun trader n’aurait parié ; du développement, de l’intelligence, de la dignité et du don de soi. De petites organisations montrent qu’un autre monde est en devenir, qui permettent à tous d’espérer et à certains d’accéder à des conditions de vie plus dignes.

« Il n’y a pas de petites réussites »

Henry Saragih est un paysan indonésien qui a fondé, en 1998, le Syndicat des paysans indonésiens, fort d’un million de membres aujourd’hui.

Le Syndicat des paysans milite activement pour que chaque paysan ait accès à la terre, mais aussi pour leur redonner confiance en eux, pour leur rendre leur fierté et leur indépendance.

Il a obtenu une réduction de la durée des concessions. Il forme aussi des milliers de paysans pour les aider à améliorer leur production ou à adopter des pratiques agroécologiques  qui respectent la terre, les rendent indépendants des multinationales de l’agrochimie et souverains sur leur exploitation.

« Il n’y a pas de petites réussites »

Gracita Osias dirige : l’Institut de technologie et d’animation, ITECA. qui soutient le développement des campagnes haïtiennes.

«De nos jours, on apprend aux enfants à mépriser le monde paysan, à mépriser notre identité. Mon combat, c’est de lutter contre cette propagande ! »

Avec l’appui d’ITECA, de petits producteurs arrivent à exporter leurs mangues directement vers les États-Unis ou à les vendre sur les marchés de Port au Prince. Dans la commune de Gros Morne,  par la coopérative 1000 agriculteurs sont arrivés à se passer des intermédiaires, appelés « voltigeurs », qui leur proposaient des prix dérisoires. Ils s’adressent maintenant directement aux négociants de ce marché et ont pu doubler le prix de vente de leurs mangues.

Pour Gracita cette réussite prouve qu’Haïti peut redevenir maîtresse de son destin. « Il est temps que les Haïtiens s’y mettent tous ensemble pour sortir le pays de ce chaos » affirme-t-elle.

« Il n’y a pas de petites réussites »

En Afrique du Sud, Ricado Jacobs est porte-parole de l’association Surplus People Project, SPP, que l’on pourrait traduire par « le projet des laissés-pour-compte ».

L’association SPP accompagne 800 agriculteurs défavorisés, faisant bénéficier 4 300 personnes des retombées de ses actions. En plus des actions pour la redistribution des terres, l’association SPP favorise la formation des nouveaux fermiers aux pratiques agroécologiques qui protègent la terre, et les sensibilise contre les OGM. « Il ne s’agit pas simplement de réforme agraire ou de prendre des terres » explique Ricado, « il s’agit de transformer la totalité du système alimentaire. »