Progressiste ou Conservateur : cherchez l’erreur !

J’ai envie de partager aujourd’hui avec vous quelque agacement léger : prenons-le ensemble avec humour et amour !

Progressiste ou Conservateur : cherchez l’erreur !

La mode semble progresser avec la crise qui se manifeste par une pauvreté élargie, dont nous alertent le récent rapport du Secours Catholique et le «succès» croissant des «Restos du Cœur», de procéder à un classement rapide et définitif de vos interlocuteurs en «progressistes» et «conservateurs». Voyez les récentes déclarations de tel ou telle, que certains médias amplifient avec délectation !

La crise (en grec, le mot signifie «jugement» ou «évaluation» !) est un moment où chacun de nous se révèle : ce qu’il est au fond, et donc aussi comment il reçoit l’autre. Cela fait ressortir notre tendance paresseuse à la simplification, qui n’a rien à voir avec la simplicité : il est bien plus commode ou confortable de pouvoir classer nos interlocuteurs en 2 catégories : «progressiste» ou «conservateur», que de faire l’effort d’écouter ou regarder, puis d’analyser et comprendre, pour enfin agir et construire… ensemble.

«Progressiste» : le qualificatif est le plus souvent connoté positivement. En clair, vous êtes dans le sens de l’histoire, dans le «main stream» comme disent les anglais ! Etre dans le sens du vent vous garantit-il une navigation plus facile ? Oui, en voile, le vent arrière vous pousse avec plus de confort et de vitesse! Le plus facile est-il pour autant le plus vrai ? Même les marins en discutent !

«Conservateur» : ce qualificatif est plutôt adressé en dévalorisant. Vous êtes classé comme rétrograde, empêcheur de tourner en rond, grincheux ou attardé ! Or, les conservateurs de musées sont des gens précieux puisqu’ils prennent soin du patrimoine culturel commun ! Les conservateurs alimentaires ont permis à l’humanité de passer avec moins de dommages les périodes de famine depuis le néolithique !

Progressiste ou Conservateur : cherchez l’erreur !

Notre société française est actuellement traversée - et c’est heureux - par quelques débats qui touchent les fondements de notre vivre ensemble : qu’il s’agisse de la transition énergétique, ou de la composition familiale. Observer ce qui se passe dans les 2 cas est intéressant : pour les questions d’énergie, le débat est vraiment ouvert et organisé pour aborder les choix de modèles et solutions, ainsi que leurs fondements ; curieusement, pour les questions de famille, le débat est actuellement contraint ou restreint - au choix - tant sur les fondements que sur les modalités. Pourtant, ces 2 sujets sont vraiment importants et traversent les générations et les options politiques : en fera-t-on un ciment sociétal, ou une nouvelle fracture française ?

Curieusement, les défenseurs de solutions présentées comme «progressistes» dans le domaine familial se retrouvent dans le camp des «conservateurs» lorsqu’il s’agit de préserver la planète ! Ceux qui défendent l’exploitation des gaz de schiste sans prendre en compte la propreté et l’incidence future des méthodes d’extraction se retrouvent classés comme «conservateurs», alors qu’ils ne conservent en rien les conditions honnêtes de la vie actuelle et future ! Pour l’évasion fiscale, les «progressistes» sont-ils ceux qui la pratiquent, et les «conservateurs» ceux qui la dénoncent comme un refus d’assumer sa part ? Pour les OGM, c’est pareil : les «conservateurs» sont ceux qui acceptent de jouer avec un progrès sans limites, et les «progressistes» ceux qui veulent conserver une nature partagée et propre !

Bonne journée à vous qui nous écoutez ! Et Joyeux Noël à tous !