N’avez-vous jamais été tenté par l’indifférence. ?

Situons le contexte par un exemple :

Êtes –vous tenté par l’indifférence face à la situation en Syrie ?

 

Nous disons oui à l’indifférence. En effet, éprouver de la compassion face à la souffrance d’autrui n’est pas l’attitude la plus répandue au sein des sociétés humaines. Dans l’histoire et dans un très grand nombre de sociétés, voir souffrir des humains n’est pas forcément une source de mal être, mais peut tout aussi bien susciter de l’indifférence si ce sont des étrangers ou du plaisir si ce sont des ennemis.

 

Nous disons non à l’indifférence, dès qu’il s’agit de nos parents, de nos amis car nous avons envers eux une obligation sociale de secours.

 

Nous disons non à l’indifférence. C’est l’un des aspects fondamentaux de la modernité occidentale qui impose une conception universelle de notre attitude face à la souffrance d’autrui. Ni les caractéristiques sociales, nationales ou ethniques d’une personne souffrante, ni la distance qui nous sépare du lieu où elle se trouve ne sont censées entrer en ligne de compte dans l’obligation morale à laquelle nous sommes tenus de compatir à son sort.

Mais cet impératif moral universaliste nous confronte à d’insondables difficultés.

Comment nous sentir authentiquement solidaires d’une souffrance humaine alors que nous savons n’avoir sur elle aucun véritable moyen d’agir ?

 

Nous disons non à l’indifférence et nous agissons. Nous donnons aux associations humanitaires en nous émouvant du réconfort que ces dernières pourront apporter aux populations souffrantes. Nous portons une parole en dénonçant, ne serait-ce que dans les conversations avec nos proches, les persécuteurs qui causent la souffrance endurée par ces populations. Ces stratégies montrent que contrairement à ce qui est parfois affirmé, la morale humanitaire propre à la modernité occidentale a dans notre vie quotidienne des traductions concrètes.

 

Nous disons non à l’indifférence. En tant que chrétiens, tous les hommes sont nos frères. Nous prions pour eux et notre prière les aide à mieux supporter leurs souffrances. Et depuis Vatican II , je cite :« Mû par la foi par laquelle il se croit conduit par l’Esprit du Seigneur qui remplit l’univers, le peuple de Dieu s’efforce de discerner dans les évènements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence et du dessein de Dieu » .

 

Vraiment, nous ne pouvons pas être indifférent.